Article écrit par Hervé FERRO

Pour la première fois, on parle de HPI (Haut Potentiel Intellectuel) en prime time sur TF1, la chaîne la plus regardée en France, chaîne qui paradoxalement n’est pas la plus réputée pour l’altitude culturelle de ses programmes (ce n’est pas moi qui le dis hein ! 😉).

Alors, bien que n’ayant pas encore vu la série HPI, car ce n’est pas le plus important à ce stade, je veux d’abord remercier TF1 pour enfin évoquer le HQI (Haut Quotient Intellectuel), un sujet incompris (voire totalement inconnu) du grand public, des entreprises et du gouvernement, mais aussi de la plupart des concernés eux-mêmes !!!

Car on peut imaginer que les demandes « HPI » et « Haut Potentiel Intellectuel » vont faire chauffer le(s) moteurs de recherche. C’est pour ça que je viens de le répéter 3 fois sur 6 lignes (ou bien est-ce 6 fois sur 3 lignes) on ne sait jamais, sur un malentendu… De plus HPI, Hipip IN, on voit bien le cousinage ! 😉

J’espère aussi que les entreprises feront la part des choses et auront le discernement nécessaire pour comprendre la richesse et l’apport du haut potentiel intellectuel pour elles.

Qui sont-ils donc et qui sont plus généralement les Neurodivers, ces individus bénéficiant de la richesse intellectuelle de la neurodiversité mais souffrant souvent d’exclusion dans la société ?

HPI (Haut Potentiel Intellectuel), Hypersensibles, TDA/H, Asperger, Dys… ?

Est-il important et, surtout, utile d’en donner une définition et d’en déterminer le nombre?

Autant le dire tout de suite : être femme ou homme de ménage, ou aimer les séries policières, ou apprécier Audrey Fleurot, ou regarder TF1 ne signifie pas obligatoirement être HPI, ou plus généralement neuro-atypique : c’est un peu plus compliqué… 😉

Une solution est d’aller passer un test chez un(e) Psychologue habilité(e) à le faire (on appelle ça le WAIS pour les grand, le WISC pour les plus jeunes, et le WPPSI pour les tout petits !) mais vous courez le risque d’être déçus par le résultat (2% de la population seulement, en principe !). Rassurez-vous on vit aussi très bien sans, voire mieux parfois (déçu mais content…)

En effet, selon la définition qu’en donne chacun, car chacun en a sa propre définition, mais oui (surtout Zezette 42 sur Facebook), chacun peut faire partie de la Neurodiversité en général ou pas, et peut attribuer à son voisin, ses enfants et ses amis cette caractéristique particulière, si rare et si répandue à la fois …

L’exercice est d’autant plus facile que cette spécificité ne se voit pas… Elle peut se pressentir, se soupçonner, s’imaginer, voire s’inventer !

Et encore d’autant plus facile pour le HPI qu’un nom d’animal (que je ne citerai pas tant il me semble éloigné et contreproductif à la cause : indices, il a des rayures et mange de l’herbe…) lui a été collé pour permettre aux uns de s’assumer sans assumer et aux autres de ne pas assumer tout en s’assumant. C’est tellement pratique de rester dans le flou, ça permet de s’auto-proclamer sans le justifier.

D’ailleurs, pour paraphraser Descartes (ou Coluche, pour les HPI…), chacun a le sentiment d’être suffisamment intelligent selon son système de référence, puisque c’est justement son propre système qui lui permet d’en juger… Bingo à tous les coups ! 😊

On est tous aussi le « con » de quelqu’un d’autre, et vice versa (surtout vice versa d’ailleurs ! Cf. Descartes à nouveau). Cela rassure !

Petite confidence : depuis qu’on en a entendu parler, il ne se passe pas une journée sur les réseaux sociaux sans qu’un « surdoué », souvent auto-proclamé, ne vienne critiquer l’émission, avant de l’avoir vue bien sûr… (surdoué ou mentaliste, ou les deux ?!).

Bon, il faut être honnête, j’avoue ne pas en attendre beaucoup non plus sur le plan de la réalité « scientifique »…

Mais est-ce important finalement? Chacun n’a-t-il pas le « droit » mais surtout n’aurait-il pas de bonnes raisons de croire à sa dose de neurodiversité, dans la complexité de son bouillonnement cérébral unique ? Et pourquoi 2% de la population d’abord ? Pourquoi pas 0,2% ou 7% ?

Chacun a raison ! Parce que, dans les faits, que l’on soit HPI, neurodivers, hypersensible, autiste, dyslexique… ou que l’on croit l’être, les conséquences personnelles et professionnelles sont souvent proches (carrière exceptionnelle ou au contraire fermeture sur soi, relations humaines difficiles, exclusion, frustration…)

Je préfère pour ma part reprendre le slogan inclusif d’Hipip IN, « je ne suis pas différent DE toi, je suis différent COMME toi« .

Nous sommes tous différents, tous neurodivers : et en vertu de cette différence, chacun a le droit de se considérer comme tel ou comme « normal » s’il le croit, s’il le souhaite ou s’il croit le souhaiter !

« Ich bin ein Neurodivers ! » 

Au-delà de ces réflexions un peu (à peine) provocantes et en dehors des sentiers battus par une « majorité » pensante catégorisant, stigmatisant et réglementant, il faut toutefois rester pragmatique : si chacun est différent, cela ne veut pas dire pour autant que personne n’a de problème. Il est donc utile de définir et quantifier la neurodiversité, mais avec discernement et bienveillance, si l’on souhaite que la situation évolue pour le bien de tous.

Dans cette optique, il est surtout très utile de bien connaître sa personnalité, ses atouts, ses talents , l’enjeu est de taille !

Hervé Ferro

Share This