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Le suicide chez les autistes

Cet article est tiré du blog de Noémie : Le suicide chez les autistes – Haut Potentiel d’Aventure (hautpotentieldaventure.com)

J’ai lu quelques articles sur le suicide dans l’autisme, dernièrement, et les chiffres font peur.

Chiffres

Il est très compliqué de faire des statistiques sur le suicide des autistes, pour plusieurs raisons : il y a peu d’études, on ne parle pas toujours de la même chose (suicide, pensées suicidaires, comportements destructeurs ne conduisant pas à la mort, tentatives, etc.), les suicides ne sont pas toujours bien catégorisés (ils peuvent apparaître comme accidents, morts naturelles, notamment lorsque la culture autour stigmatise fortement le suicide), les autistes ne sont pas toujours identifiés (on estime, par exemple, que seulement 20% des femmes autistes sont diagnostiquées avant 18 ans). Par ailleurs, dans les études qui font passer des questionnaires à des personnes autistes, diagnostiquées ou auto-identifiées, il est évidemment impossible d’identifier des personnes s’étant suicidées, on a donc seulement les taux d’idéations suicidaires. Enfin, il peut y avoir un biais de recrutement, par exemple, selon comment l’étude est présentée et diffusée, les personnes qui répondent peuvent être celles qui se sentent concernées ou baignent déjà dans le milieu de la psychothérapie.

  • Suicide et tentatives

D’après une méta-analyse, c’est-à-dire une étude qui croise beaucoup d’autres études avec des méthodologies variées, la prévalence de tentatives et comportements suicidaires serait de 24%, en moyenne, des personnes interrogées.

En se basant sur des études qui n’interrogent pas directement les populations concernées, on obtient des taux de suicides effectifs multipliés par 2, 3, 6 voire 9 selon les études, parmi les personnes autistes. Toutes les études concluent à un taux de suicide plus important chez les autistes.

D’autres études montrent aussi que, si on étudie les traits de personnalité des personnes suicidés, les caractéristiques autistiques (qu’il y ait eu diagnostic ou non du vivant de la personne) sont surreprésentées.

  • Idéations suicidaires

D’après la méta-analyse évoquée (citée en bas de page), 34,2% des autistes et personnes supposées autistes sans déficience intellectuelle ont des idées suicidaires. Le taux dans la population générale est de 9%.

  • Différence hommes-femmes

Dans la population générale, les hommes se suicident 3,5 fois plus que les femmes. Chez les autistes, les études sont un peu contradictoires, mais le taux est beaucoup plus proche entre les hommes et les femmes, voire serait plus élevé pour les femmes sans déficience intellectuelle (peut-être aussi parce que cette population est bien moins diagnostiquée, et donc éprouve des difficultés silencieuses, sans recevoir l’aide ou la compréhension appropriées).

Facteurs

Les études indiquent :

  • Le quotient intellectuel est un facteur négatif : l’absence de déficience rend la personne plus susceptible de se suicider, alors que le QI est généralement un facteur protecteur en population non-autiste. Le haut-potentiel (130+) semble même induire encore plus de risque que pour les autistes sans déficience mais à QI dans la norme.
  • Les personnes autistes présentent plus souvent des dépressions, de l’anxiété, des comorbidités qui alourdissent le handicap, des problèmes de santé mentale, des problèmes de santé physique qui compliquent la vie, par exemple des problèmes digestifs ou des troubles d’hyper-laxité comme Ehlers-Danlos.
  • Les personnes autistes sont plus souvent victimes de harcèlement et de rejet social.
  • Les personnes autistes sont plus souvent au chômage (à 85% des adultes !). À noter, contrairement à la population générale, les autistes qui travaillent n’ont pas d’effet protecteur contre le suicide, potentiellement à cause de discriminations ou de conditions de travail difficiles.
  • Le camouflage et le diagnostic tardif souvent associés sont corrélés à un plus grand risque de suicide.
  • Le TDAH serait un facteur de risque supplémentaire, mais pas dans toutes les études.
  • Les personnes autistes présentent plus souvent des dysphories de genre et de la transidentité, ce qui est un facteur de risque, chez les autistes comme les non-autistes.

Suicide Isn’t Painless – Aspie Daddy (asdaddy.com) : un article très intéressant sur les implications et la douleur de chaque méthode de suicide. Pour réfléchir si on est à quelques centimètres du gouffre.

https://molecularautism.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13229-023-00544-7 : la méta-analyse.

Le suicide chez les personnes autistes : une étude sur 20 ans (comprendrelautisme.com)

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