Titre provoc, bien sûr fait exprès. Avec l’espoir que s’y retrouveront les personnes qui nous disent, à Hipip IN, que ce n’est pas top d’inclure dans la même démarche à la fois :

– les hypersensibles (pas de consensus scientifique sur ce profil) 

– les Hauts Potentiels Intellectuels – HPI (pas de handicap, une façon de fonctionner différente) 

– les troubles du spectre autistique, troubles DYS, TDA/H… (officiellement appelés « troubles » donc une catégorie différente des « dons » dans la perception collective). 

Les uns nous en veulent de les mettre dans le même panier que des personnes avec handicap… Et d’autres nous en veulent de les mettre dans le même panier que des personnes qui n’ont pas de handicap et ne connaissent pas les mêmes difficultés. 

Donc ! Nous prenons un moment pour clarifier les choses, et clarifier notre démarche par la même occasion. 

La frontière n’est pas toujours limpide. 

Premièrement, je suis moi-même à la fois hypersensible, HPI et autiste. Donc quand je réfléchissais à comment organiser une nouvelle offre qui allait devenir Hipip IN plus tard, je ne trouvais aucun repère, aucune référence dans ce qui existait déjà, et qui pouvait m’éclairer sur mon fonctionnement. J’avais réussi à trouver quelques infos dans les livres sur le HPI, d’autres infos dans les livres sur l’autisme, d’autres encore sur internet sur l’hypersensibilité… Et juste un livre qui regroupait tout, et qui n’existait pas encore en français à l’époque, et qui parlait de la double exceptionnalité : « Bright, not Broken » (Diane Kennedy et Rebecca Banks). 

Du coup, j’ai choisi de sortir du cadre et de créer quelque chose qui allait pouvoir éclairer les personnes qui se sentent différentes, quelles que soient les raisons. D’autant plus que je ne suis pas experte d’un profil en particulier : des experts existent, et je n’ai jamais voulu faire le travail qu’ils font. L’idée était d’être complémentaires. 

Flou artistique : beaucoup s’ignorent

A propos des personnes qui se sentent différentes, quelles que soient les raisons : justement, dans la Neurodiversité, beaucoup (trop) de personnes se sentent différentes et en souffrent, mais ne savent pas mettre un nom sur cette différence, ni expliquer leur souffrance. Et honnêtement, ça rajoute à la souffrance ! 

De plus, c’est fatiguant et frustrant de voir qu’on se « tire la bourre » et qu’on fait des camps, tout en prônant le bien-être et l’inclusion avant tout. Si vraiment c’est ça qu’on veut, alors unissons nos forces plutôt que de nous battre. Et je ne parle même pas du fait que quand vous entamez une recherche pour vous comprendre, si vous tombez sur des informations qui opposent les différents profils de la Neurodiversité, vous êtes encore plus paumé, voire désespéré à un moment, car vous vous retrouvez un peu chaque, et on vous fait comprendre que c’est soit l’un soit l’autre. 

Cruel manque de cohérence, qu’on ne peut dépasser qu’en réalisant qu’en réalité, rien ne s’oppose, et tout peut coexister. C’est la seule façon de trouver la paix. 

Point de vue côté entreprise

Hipip IN a choisi de s’adresser en priorité aux entreprises, organisation, institutions, afin de faire passer le message et changer les choses d’une manière qui peut potentiellement impacter tout de suite beaucoup de personnes.

Si on combine cette information avec le fait qu’il y ait très peu de connaissance et de compréhension de la Neurodiversité dans les entreprises, organisations, institutions… Il nous a paru logique de démystifier ces formes de différence invisible, de démystifier, en réalité, le fait que des personnes qui ont l’air « comme tout le monde » puissent fonctionner de façons radicalement différentes. L’idée est d’apprendre à dépasser nos idées de la « norme », nos réflexes de jugement, notre tendance à exclure ce qui nous paraît insaisissable. 

Pourquoi limiter ce message à une seule forme de différence alors ? On veut inclure tout le monde dans cette approche, et non pas renforcer les frontières. 

D’autant que dans les entreprises, la question est rarement « bonjour, je pense avoir un collaborateur dyslexique et un autre autiste, un autre probablement hypersensible, pouvez-vous m’expliquer comment les aider à être les plus efficaces et épanouis possible ? ». 

Les questions sont plutôt :

– « Comment je fais pour bien manager une équipe très diverse ? » 

– « Comment je fais pour recruter et inclure des personnes atypiques ? Je sais que je dois le faire, mais je ne sais pas comment m’y prendre… » 

– « J’ai des collaborateurs dont je ne comprends pas le comportement, pouvez-vous nous aider ? » 

Parfois, bien sûr, on nous appelle pour un profil très précis et très particulier, et bien sûr on y va. Mais la première étape est presque toujours d’aider à comprendre que la personne n’est pas « bizarre », elle fonctionne juste différemment. Qu’on pose ou non un nom sur cette différence (ce n’est pas le but au travail, entendons-nous bien, d’autant que ça reste très personnel), l’objectif est de trouver une façon de bien travailler ensemble. 

Donc, j’espère que vous comprenez pourquoi, avec cette façon de voir les choses, on ne pouvait décemment pas se focaliser sur un seul profil. J’espère sincèrement que cet article vous éclaire. 

Nous ne cherchons pas à mettre tout le monde d’accord, et c’est parfaitement OK d’avoir des points de vue différents sur ce sujet, sur tout sujet d’ailleurs. Disons que c’est notre prise de position, et nous sommes tous d’accord dessus et à l’aise avec. 

Dernier point : cette façon de faire nous a toujours permis d’aider à se sentir concernées les personnes qui ne sont à priori pas touchées personnellement par la Neurodiversité. Et c’est tant mieux, c’est exactement le but. Car l’histoire de l’humanité nous prouve qu’on agit quand on se sent concerné. 

Parce que… nous ne sommes pas différents DE vous. Nous sommes différents COMME vous. 

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