Humour et handicap : Air mail

Humour et handicap : Air mail

Quand j’étais jeune, on nous appelait des « handicapés » (entre nous, on s’appelait même des « handis »). C’était quand même mieux qu’à des époques plus reculées, où nous aurions été des « invalides » ou des « infirmes ».

Et puis la terminologie a évolué : on a préféré (pas nous, hein, des personnes chargées de réfléchir à ça lors de réunions de groupes d’études) « personnes handicapées », parce que le seul qualificatif de handicapés avait tendance à nous déshumaniser. On est des personnes à part entière (sauf les amputés), merde !

Et puis nous sommes devenues des « personnes à mobylette mobilité réduite » (du moins nous, les quadrucyclopèdes). Et finalement, en attendant une nouvelle réunion, on doit dorénavant dire des « personnes en situation de handicap ».

En ce qui me concerne, je m’en fiche. Je continue à dire que je suis un handicapé. « Personne en situation de handicap », c’est d’un pompeux… J’ai 51 ans d’ancienneté dans le secteur du handicap, je ne vais quand même pas changer de jargon à chaque réunion. Et puis peu importe l’étiquette : « Ce que nous appelons une rose, sous n’importe quel autre nom, sentirait aussi bon » (Shakespeare – Roméo et Juliette – Acte II, Scène 2).

Je m’en fiche, mais ils ont raison, en quelque sorte. C’est souvent l’environnement ou la situation qui détermine le handicap. Sans trottoir de 15 cm de haut, et avec une boîte aux lettres à notre hauteur, on serait déjà beaucoup moins handicapés pour poster notre courrier.

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